Affamée comme une louve juste sortie de l’hiver, peu après 10 heures du matin, je descends en courant et je me dirige vers le petit restaurant thaï, Taïphon. Comme l’endroit était encore fermé, je regardais déçue le programme, quand le Chef m’a vue et s’est précipité pour déverrouiller la porte. Je lui explique que je suis affamée, mais que je comprends qu’il n’a pas ouvert encore. « No problem, I could prepare something for you, but I have no rice. » « I need something to eat. » Il me dit le nom du plat qu’il allait me concocter (que j’ai oublié sur le coup) et se met au travail, tout en s’excusant que l’opération prendra 5 minutes. Il m’offre une chaise et commence la magie. Silencieuse, je le regarde s’affairer autour des casseroles : mouvements précis, économie de gestes. Je cesse de le regarder, je tombe dans ma boîte à rêves. Cinq minutes plus tard, il met le plat préparé dans une boîte, ajoute une fourchette et une serviette, pose tout dans un sac, me le tend, me dit le prix. Efficace, avec un vague soupçon de sourire.
Je paie, je quitte.
Retournée au bureau, je mange. Il ne me reste qu’à prendre l’avion vers Thaïlande, la bouffe vaut la chandelle!
Wednesday, April 21, 2010
Monday, April 19, 2010
Un gars et ses agrafes
Avec fracas, la ville est tombée dans le printemps
Poussières de fleurs et d’herbe
Se sont levées
Le bruit des oiseaux a tout couvert
Rescapée par miracle à toute cette débauche,
Je rentre au travail.
Situé dans un grand bâtiment de 15 étages où siègent plusieurs compagnies, mon bureau se trouve au dernier étage.
Trop paresseuse pour emprunter l’escalier,
Aujourd’hui, je monte vite en ascenseur : quatre hommes s’y précipitent.
Trois d’entre eux descendent et celui qui reste s’empresse de leur dire au revoir.
Évidemment, aucune réponse!
Je regarde sa déception, sourire amère-amusé dans le coin des yeux.
Astucieusement, je lui explique qu’ici, On ne dit pas bonjour ni au revoir. On s’ignore.
- Je suis un gars de la campagne, que voulez-vous, réplique-t-il, dépité.
- Une chance que des gens comme vous existent encore, Monsieur, lui dis-je tout sourire.
Avant de descendre, il me sourit gentiment et me souhaite une excellente journée.
Merci, à vous de même.
Et je mets dans ma voix toute la chaleur
qui manque dans une grande ville
comme la mienne.
Poussières de fleurs et d’herbe
Se sont levées
Le bruit des oiseaux a tout couvert
Rescapée par miracle à toute cette débauche,
Je rentre au travail.
Situé dans un grand bâtiment de 15 étages où siègent plusieurs compagnies, mon bureau se trouve au dernier étage.
Trop paresseuse pour emprunter l’escalier,
Aujourd’hui, je monte vite en ascenseur : quatre hommes s’y précipitent.
Trois d’entre eux descendent et celui qui reste s’empresse de leur dire au revoir.
Évidemment, aucune réponse!
Je regarde sa déception, sourire amère-amusé dans le coin des yeux.
Astucieusement, je lui explique qu’ici, On ne dit pas bonjour ni au revoir. On s’ignore.
- Je suis un gars de la campagne, que voulez-vous, réplique-t-il, dépité.
- Une chance que des gens comme vous existent encore, Monsieur, lui dis-je tout sourire.
Avant de descendre, il me sourit gentiment et me souhaite une excellente journée.
Merci, à vous de même.
Et je mets dans ma voix toute la chaleur
qui manque dans une grande ville
comme la mienne.
Sunday, April 18, 2010
Sorcellerie
Devant ma fenêtre,
Il a préparé ses sorcelleries
À la hâte.
Quelques jours plus tard,
Ses fleurs vertes sont sorties
Je lui jette des regards
Il me jette des écureuils
Il a bonne mine
Je suis maussade
Seule avec eux,
Dans ma mansarde…
Il a préparé ses sorcelleries
À la hâte.
Quelques jours plus tard,
Ses fleurs vertes sont sorties
Je lui jette des regards
Il me jette des écureuils
Il a bonne mine
Je suis maussade
Seule avec eux,
Dans ma mansarde…
Wednesday, April 14, 2010
Rimes… pas sublimes
Je rêve
d’une trêve
dans ce rêve qui
crève.
Je vis des aléas
grâce à mes fovéas
Mais je ne me plains pas
d’une trêve
dans ce rêve qui
crève.
Je vis des aléas
grâce à mes fovéas
Mais je ne me plains pas
Monday, April 12, 2010
Pommes et chaussures ou chaussures et pommes – c’est pareil!
Le temps des pommes s’est pointé un vendredi
Pendant que nous étions dans un très grand centre commercial
Nous ne cherchions rien de particulier.
En bons citoyens modernes, (consommateurs furieux) nous avons quitté le centre avec deux paires de chaussures – les chaussures s’achètent en paire, c’est bien connu! – et avec quelques photos croquées sur le vif…
Et si le temps, soit-il celui de pommes, passe vite
Les pommes sont restées accrochées
Dans la mémoire
De mon Canon
Tout un canon, je vous dis, avec ces petits!
Pendant que nous étions dans un très grand centre commercial
Nous ne cherchions rien de particulier.
En bons citoyens modernes, (consommateurs furieux) nous avons quitté le centre avec deux paires de chaussures – les chaussures s’achètent en paire, c’est bien connu! – et avec quelques photos croquées sur le vif…
Et si le temps, soit-il celui de pommes, passe vite
Les pommes sont restées accrochées
Dans la mémoire
De mon Canon
Tout un canon, je vous dis, avec ces petits!
Sunday, April 11, 2010
Breakfast at Tiffany?
Le matin du départ, tout fil d’herbe avait son petit diamant
je me serais crue chez Tiffany : atmosphère feutrée, lumière tamisée
mais le vent soufflait doucement
me rappelant que je suis dehors
partie jouer ailleurs
Plus tard, je suis arrivée pour de bon chez Tiffany : diamants, atmosphère, lumière
Mais pas de fil d’herbe en vue
Par contre, les toilettes étaient en marbre…
Monday, March 29, 2010
La lectrice et la Pluie
La pluie finira par essuyer les relents de cet hiver haïssable,
dépourvu de neige et de fantaisie
En attendant,
durant mon trajet en autobus,
je regarde une femme qui lit
devant elle, une autre dame est assise : imperméable bleu, doté d’un capuchon. Dans un pli dudit capuchon, l’eau s’accumule dangereusement.
Les frémissements de l’autobus finissent par jeter une goutte sur le livre.
Imperturbable, ma lectrice ne fait que l’incliner un peu, tout en continuant sa lecture.
J’attends le déluge.
Il ne tarde pas à mouiller, de vraie eau de pluie, le roman à l’eau de rose.
Il faut croire que c’est la destinée de ces livres
à haute teneur en calories…
Celui dont je vous parle m’a nourrie pendant 40 minutes…
dépourvu de neige et de fantaisie
En attendant,
durant mon trajet en autobus,
je regarde une femme qui lit
devant elle, une autre dame est assise : imperméable bleu, doté d’un capuchon. Dans un pli dudit capuchon, l’eau s’accumule dangereusement.
Les frémissements de l’autobus finissent par jeter une goutte sur le livre.
Imperturbable, ma lectrice ne fait que l’incliner un peu, tout en continuant sa lecture.
J’attends le déluge.
Il ne tarde pas à mouiller, de vraie eau de pluie, le roman à l’eau de rose.
Il faut croire que c’est la destinée de ces livres
à haute teneur en calories…
Celui dont je vous parle m’a nourrie pendant 40 minutes…
Friday, March 26, 2010
Stratégie de communication
Un soupçon de vent remue les pigeons.
Fraîchement sortis de l’hiver,
Ils ont l’air pitoyable, tout comme la ville.
En quémandant des miettes, les pigeons virevoltent au-dessus du square.
Le vieux liseur de visages n’est pas assis à sa place habituelle
Lasse, l’ombre des branches traîne sur le trottoir
Le jeune homme – pantalon tombant et culottes exposées – jette des morceaux de pain
Les pigeons se lancent sur le festin
Ils en manquent des miettes
Et le jeune se met à leur parler – moult gestes et paroles – comme on fait avec les chiens.
Après des moments de méfiance, conquis, les pigeons s’approchent pour cueillir les miettes manquées.
Exemple d’une bonne stratégie de communication.
Le jeune peut perdre son pantalon, mais pas ses habilités…
de communicateur inter-espèces.
Fraîchement sortis de l’hiver,
Ils ont l’air pitoyable, tout comme la ville.
En quémandant des miettes, les pigeons virevoltent au-dessus du square.
Le vieux liseur de visages n’est pas assis à sa place habituelle
Lasse, l’ombre des branches traîne sur le trottoir
Le jeune homme – pantalon tombant et culottes exposées – jette des morceaux de pain
Les pigeons se lancent sur le festin
Ils en manquent des miettes
Et le jeune se met à leur parler – moult gestes et paroles – comme on fait avec les chiens.
Après des moments de méfiance, conquis, les pigeons s’approchent pour cueillir les miettes manquées.
Exemple d’une bonne stratégie de communication.
Le jeune peut perdre son pantalon, mais pas ses habilités…
de communicateur inter-espèces.
Tuesday, March 23, 2010
Douche… louche
Aujourd’hui, tout étourdi,
Dieu a ouvert les robinets et s’est dirigé prendre sa douche.
Chemin faisant, il s’est arrêté pour une partie de Monopoly avec son ami Allah.
Comme la partie se déroule encore
Sa douche déborde
depuis plus de 24 heures
Et l’eau coule à flots sur ma ville
Pas trop écolo ce Dieu!
Dieu a ouvert les robinets et s’est dirigé prendre sa douche.
Chemin faisant, il s’est arrêté pour une partie de Monopoly avec son ami Allah.
Comme la partie se déroule encore
Sa douche déborde
depuis plus de 24 heures
Et l’eau coule à flots sur ma ville
Pas trop écolo ce Dieu!
Thursday, March 18, 2010
oubli
Sur l’autoroute
Les voitures empaquetées dans la soie de pluie
Toute cette grisaille qui tombe sur le monde
…et mon âme oubliée ouverte
Le soleil est dû pour demain…
Ou pour un de ces quatre
Qui peut vraiment le savoir?!
Les voitures empaquetées dans la soie de pluie
Toute cette grisaille qui tombe sur le monde
…et mon âme oubliée ouverte
Le soleil est dû pour demain…
Ou pour un de ces quatre
Qui peut vraiment le savoir?!
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