Tuesday, August 10, 2010

le loisir d’inventer des histoires (suite)

En regardant leurs démarches lentes, décidées, gracieuses ou pressées, elle imagine les personnalités des silhouettes qui rentrent au château. Chaque jour, par solitude, elle s’accorde le loisir d’inventer des histoires.

Tiens, le couple qui s’est arrêté en milieu de la place pour regarder les murs d’enceinte du château : elle tout menue, cheveux courts, traits fins est un peu perdue dans sa contemplation pendant que lui ne fait que la regarder. Des jeunes mariés sûrement, il y en a légion qui viennent, surtout en fin d’été. Il y a un je ne sais quoi de révélateur dans la prunelle des gens qui forment un couple et le curieux ou, dans le cas qui nous préoccupe, la curieuse n’a qu’à regarder attentivement pour voir le passé et le futur, mélangés à n’en reconnaître les éléments. C’est alors recommandé de regarder attentivement, d’arrêter le bourdonnement des pensées, de découper visuellement les prunelles en faisant fi des distances, soient-elles physiques ou culturelles, comme c’est si souvent le cas ici devant la place du château où s’entassent de gens venus de partout le monde, afin de déceler le passé – celui est assez simple à reconstituer – et d’envisager le futur – ce malin demande toute la ruse dont le bon Dieu ou son frère le Diable nous a pourvue.

1 comment:

  1. Je suis dans la peau de l'observatrice ! Chouette !

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