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Wednesday, June 23, 2010

À demain

«A demain. Nous passons tous les jours de notre vie à prendre congé, à dire et à entendre dire à demain, et fatalement, un jour ou l'autre sera le dernier pour quelqu'un, soit celui à qui nous avons dit à demain ne sera plus là, soit nous qui avons dit à demain ne serons plus là».

C'est ce que disait Saramago. Il ne le dira plus, mais nous pouvons encore lire ses livres aujourd'hui, pas demain!

Aujourd'hui, tant que nous vivons un temps un tantinet plus illuminé, car si le monde retournait un jour entre les bras aimants de l’église (surtout catholique), les livres du Maître seront interdites et brûlés sur la place publique comme des êtres vivants, n’en plaise pas à ce Dieu cruel, création purement humaine en quel ni Saramago, ni modestement la sous-signée, ne croient pas. Si Saramago n’est pas un Dieu, et je n’oserais pas dire que ce grand écrivain est Dieu, car il n’y a pas de création humaine plus cruelle que celle-ci, cruelle par tout ce quelle a eu la non bienveillance de nous faire subir en tant qu'espèce, il reste un Ange.

Je me demande ce que José Saramago aurait répondu à l’attaque effrontée que le journal du Vatican l'Osservatore Romano a eu le manque de savoir-vivre de publier deux jours après sa mort? Dans son édition datée de Dimanche, la si clémente église catholique a qualifié l’écrivain de «populiste extrémiste» et d'«idéologue anti-religieux».

Saramago avait provoqué l'ire du Vatican et de l'Église catholique avec son livre «l'Evangile selon Jésus Christ» (1992). Christ y perdait sa virginité avec Marie-Madeleine.

L'écrivain avait de nouveau suscité la colère des catholiques, en 2009, en récidivant avec «Caïn» où la personnification du Mal, assassin de son frère Abel, est décrit comme un être humain ni meilleur, mais surtout ni pire que tant d’autres, tandis que Dieu est présenté comme injuste et envieux. Est-ce Dieu créé à l’image de l’église catholique ? N’est-il pas, par pur hasard, responsable de pires génocides que l’humanité a perpétrés en son nom? Si les choses sont ainsi... il me semble que leur Dieu est injuste et envieux et que sa mère, l'église n'est que vieux jeu.

L'Ange est mort, quand viendra-t-il le tour des églises et de leurs Dieux?

Saramago

Vendredi, le 18 juin, fut une bien triste journée pour l’humanité. Personnellement, j’ai vécu ce laps de temps comme si de rien n’était, car je ne suis pas friande de nouvelles. J’ai pris l’autobus en matinée pour aller au bureau accompagnée de José Saramago. Ce vieux Maître maniant les lettres comme peu d'écrivains l’ont fait avant lui me racontait, dans son dernier livre traduit en anglais, The Notebook, ses états d’âme par égard à l’humanité.

Je ne savais pas dans le temps, qu’aussi fière que je me sentais de vivre dans le même temps que Saramago, j’étais dans le tort : le Maître était mort le jour même à Lanzarote.

Ce n’est qu’aujourd’hui que je l’ai appris et je suis triste, car le monde spirituel se trouve brusquement appauvri!

"We all ask ourselves, Why us? Why me? And answer come there none. Jacques Brel also asked:"pourquoi moi? Pourquoi maintenant? - and died. It was his fate, we say, and the word resurrection wasn't written in it. It is as well to know that, since, to tell the truth, the world is not made for resurrections. That is all we need to know." (José Saramago, The Notebook, published at Verso in 2010, page 151)