Je laisse un morceau de moi-même partout par où me portent mes pas. D’ici le bonheur de retourner dans des endroits que j’ai déjà vus. En réalité, je fais plus que voir un endroit : j’y vis tout en reniflant une existence que je crois mienne.
Ce que je vis n’est d’ailleurs qu’une de potentielles vies, car tout reste dans le possible pendant que distraite, je rêve, je dors et même pendant que je ne fais rien du tout. Qu’advient-il de ce tout potentiel? Est-il stocké quelque part? Où et par qui?
Serais-je l’orfèvre de la mise en attente du possible? Alors, quant le sort semble tomber dans du prédestiné, est-ce de ma faute? Soucieuse de mieux apprendre, je répète mes erreurs. Par la suite, je suis déçue de n’avoir rien appris… C’est ainsi que la désillusion naît?
Toute désillusion est un bon moyen de me découvrir. Ce n’est pas la personne, la situation, l’endroit, l’odeur, le goût qui me déçoivent, mais plutôt les attentes que j’ai projetées avant de bien connaître la personne, saisir le geste, humer l’endroit… C’est en sachant ce que j’attends du monde et de moi-même, c’est en prenant le soin de bien définir que je puisse un jour arriver à saisir qui suis-je. Il m’arrive de comprendre que je suis une désillusion pour un autre, mes gestes – des blessures pour les autres. Jusqu’à l’atteinte de cette lucidité je me conforte dans l’illusion d’une rigueur morale et d’une rectitude sans failles. Et ensuite? Je fais quoi du tout ce savoir?
Je laisse un morceau de moi-même dans chaque personne que je rencontre. C’en est la raison pour laquelle je garde, sans effort, dans mes souvenirs tous les gens que j’ai rencontrés parfois seulement pour le court laps de temps nécessaire à une discussion à la sauvette au bord d’un trottoir dans une ville perdue. Oh, je ne garde pas le souvenir complet, juste un morceau de l’âme de cette personne…tout comme je lui en fais cadeau un fragment du mien. Le souvenir n’est pas comme une photo prise en cachette : empreinte claire, visible, offrant la possibilité d’une relecture du moment ou du visage. Les morceaux de souvenir ont plus de subtilité et, le goût oublié, le parfum d’une seconde peuvent tout raviver pour un moment ou le restant d’une vie.
Désillusion de la non mémoire, de l’oubli, du non dit, du trop dit ou du mal dit.
Monday, November 16, 2009
Friday, October 23, 2009
Automne
Tuesday, September 29, 2009
Spectacle
Le ciel nous a offert un magnifique spectacle hier soir, mais nous étions trop occupés à courir.
En loge, le bon soleil rougeâtre nous regardait faire…
En loge, le bon soleil rougeâtre nous regardait faire…
Friday, September 18, 2009
Le bonheur du vendredi
J’avais oublié combien de choses on peut faire dans une journée libre!
Cela faisait une éternité que je n’avais pas pris de journée pour moi… régler en douce mes affaires, faire le ménage – oui, j’entends distinctement les voix fâchées de toutes les féministes du monde! – passer du temps dans la cuisine préparer du home made food, faire travailler ma laveuse, arroser mes plantes et surtout LIRE, seule, chez moi.
Le bonheur, je vous dis!
Je viens de finir mon dernier livre d’autobus : N’oublie pas d’être heureuse de Christine Orban, livre que je caractériserais de « joli ».
En voici quelques extraits :
« Dieu m’avait domiciliée à Fédala. Je devais y rester. Peu de gens admettent les changements. Cela crée du désordre dans le paysage. Surtout lorsque eux-mêmes n’ont pas osé. Mes racines dépassaient comme une combinaison trop longue sous une jolie robe. Quelque geste que je fasse, le jupon ressurgissait. » »
« Maman résistait à la vie, au mouvement, à l’évolution, même à mon surnom, puisqu’elle seule persistait à m’appeler Marie quand tout le monde m’appelait Maria-Lila. »
« Il y a toujours une part de soi qui attend autre chose. Personne n’est complètement là où il est. Mais j’ai connu le bonheur, je le sais maintenant. »
« Ma mère disait : "N'oublie pas ton chapeau." Mon père disait : "N'oublie pas d'être heureuse", et la recommandation valait en toute occasion. C'était à la fois plus simple et plus compliqué : attraper le bonheur comme un gilet dans un placard. Trop impalpable, trop indéfinissable, en cela il ressemblait au sommeil qui ne venait pas si on y pensait.Fifi avait une solution bien à elle, la vie n'était envisageable qu'à condition d'"être mince et d'habiter Paris". Une fois à Paris, les conditions s'enchaînaient toutes aussi surprenantes les unes que les autres. Parmi les plus saugrenues et en première position, elle avait trouvé : la nécessité d'être snob. »
Cela faisait une éternité que je n’avais pas pris de journée pour moi… régler en douce mes affaires, faire le ménage – oui, j’entends distinctement les voix fâchées de toutes les féministes du monde! – passer du temps dans la cuisine préparer du home made food, faire travailler ma laveuse, arroser mes plantes et surtout LIRE, seule, chez moi.
Le bonheur, je vous dis!
Je viens de finir mon dernier livre d’autobus : N’oublie pas d’être heureuse de Christine Orban, livre que je caractériserais de « joli ».
En voici quelques extraits :
« Dieu m’avait domiciliée à Fédala. Je devais y rester. Peu de gens admettent les changements. Cela crée du désordre dans le paysage. Surtout lorsque eux-mêmes n’ont pas osé. Mes racines dépassaient comme une combinaison trop longue sous une jolie robe. Quelque geste que je fasse, le jupon ressurgissait. » »
« Maman résistait à la vie, au mouvement, à l’évolution, même à mon surnom, puisqu’elle seule persistait à m’appeler Marie quand tout le monde m’appelait Maria-Lila. »
« Il y a toujours une part de soi qui attend autre chose. Personne n’est complètement là où il est. Mais j’ai connu le bonheur, je le sais maintenant. »
« Ma mère disait : "N'oublie pas ton chapeau." Mon père disait : "N'oublie pas d'être heureuse", et la recommandation valait en toute occasion. C'était à la fois plus simple et plus compliqué : attraper le bonheur comme un gilet dans un placard. Trop impalpable, trop indéfinissable, en cela il ressemblait au sommeil qui ne venait pas si on y pensait.Fifi avait une solution bien à elle, la vie n'était envisageable qu'à condition d'"être mince et d'habiter Paris". Une fois à Paris, les conditions s'enchaînaient toutes aussi surprenantes les unes que les autres. Parmi les plus saugrenues et en première position, elle avait trouvé : la nécessité d'être snob. »
Sunday, August 23, 2009
Tuesday, August 18, 2009
des rêves et des larmes
Si je te parlais des rêves inaccomplis,
De mes rêves,
Des larmes m’empêcheraient de retourner chez moi
Mes larmes
Sur le coup, j’ai ressenti juste la force du choc en comprenant qu’elle, plus que moi, est l’histoire de ses échecs
Que non seulement il n’y a pas de Dieu sur son chemin,
Mais que le soleil,
son soleil,
brille de l’autre côté de la montagne la montagne de ses rêves inachevés,
de ses désirs perdus chemin faisant
Néanmoins, accomplir un rêve coûte cher
Et il faut payer non avec de l’argent comptant, moins important parce qu’il s’agit d’une ressource renouvelable,
mais de tout son être
Et L’Être est une denrée rare dans le monde de l'Avoir
Depuis quelques années, je cours après certains de mes rêves
J’en ai laissé d’inaccomplis et ils me hantent parfois avec la même douceur d’un poison, d’un parfum capiteux et horriblement cher.
Mais le chemin va de l’avant plein de surprises à chaque méandre
Je ne fais que suivre des traces
Les traces de mes rêves
Sans regrets
Mais pleine d’attentes
Gare aux attentes, la déception est leur jumelle
Et je suis un enfant unique…
De mes rêves,
Des larmes m’empêcheraient de retourner chez moi
Mes larmes
Sur le coup, j’ai ressenti juste la force du choc en comprenant qu’elle, plus que moi, est l’histoire de ses échecs
Que non seulement il n’y a pas de Dieu sur son chemin,
Mais que le soleil,
son soleil,
brille de l’autre côté de la montagne la montagne de ses rêves inachevés,
de ses désirs perdus chemin faisant
Néanmoins, accomplir un rêve coûte cher
Et il faut payer non avec de l’argent comptant, moins important parce qu’il s’agit d’une ressource renouvelable,
mais de tout son être
Et L’Être est une denrée rare dans le monde de l'Avoir
Depuis quelques années, je cours après certains de mes rêves
J’en ai laissé d’inaccomplis et ils me hantent parfois avec la même douceur d’un poison, d’un parfum capiteux et horriblement cher.
Mais le chemin va de l’avant plein de surprises à chaque méandre
Je ne fais que suivre des traces
Les traces de mes rêves
Sans regrets
Mais pleine d’attentes
Gare aux attentes, la déception est leur jumelle
Et je suis un enfant unique…
Chaleur
La chaleur court à perdre haleine
Cheveux défaits, visage déformé par le smog
Elle galope comme une folle dans le tintamarre des chantiers, se perd dans le dédale des rues chahuteuses, sous les arbres, parmi les herbes
C’est juste l’été qui retient son souffle et contemple
Sans sourciller
L’exploit de ses derniers jours.
Cheveux défaits, visage déformé par le smog
Elle galope comme une folle dans le tintamarre des chantiers, se perd dans le dédale des rues chahuteuses, sous les arbres, parmi les herbes
C’est juste l’été qui retient son souffle et contemple
Sans sourciller
L’exploit de ses derniers jours.
Monday, August 17, 2009
Venise - voyage éclair
Samedi, nous sommes partis en quête de Venise… en Québec.
Il y avait dans l’air le relent d’eau, d’algues. Il y avait même de l’eau.
Les similitudes s’y arrêtant, nous sommes restés en amour avec la vraie Venise
Il y avait dans l’air le relent d’eau, d’algues. Il y avait même de l’eau.
Les similitudes s’y arrêtant, nous sommes restés en amour avec la vraie Venise
Provisoire - définition de travail
Il n’y a pas de définitif, juste des états provisoires
Toute une discussion pourra s’imposer afin de trouver une définition de travail du mot provisoire…
Éphémère l’oiseau colibri que nous avons vu dimanche matin dans notre géranium…
Ensemble, nous avons acheté la plante : toute petite, intimidée par le froid et la pluie. Elle était au tout début de son existence, installée dans un petit pot, transitoire.
Ensemble nous l’avons transplanté dans un pot plus large et nous nous sommes installés dans l’attente temporaire. Elle est devenue une cascade maintenant, pleuvant des roses pétales en concurrence avec cette pluie maudite, épisodique.
Ensemble, sur le balcon, nous nous sommes assis à la regarder, miracle momentané, fragile bonheur passager.
C’est à ce moment que j’ai vu l’oiseau : petit, plongé dans la cascade rose, remuant continuellement ses ailles.
Ne retourne pas brusquement ta tête, je lui ai chuchoté, il y a un colibri dans notre géranium.
Ensemble, nous avons embrassé d’un seul regard l’oiseau qui s’est éloigné un peu de la plante, histoire de se laisser admirer…
Il est parti vite, en nous laissant le bon goût d’une provisoire magie.
Suis-je douée à ce point pour le provisoire?
C’était quoi déjà la définition du mot?
Toute une discussion pourra s’imposer afin de trouver une définition de travail du mot provisoire…
Éphémère l’oiseau colibri que nous avons vu dimanche matin dans notre géranium…
Ensemble, nous avons acheté la plante : toute petite, intimidée par le froid et la pluie. Elle était au tout début de son existence, installée dans un petit pot, transitoire.
Ensemble nous l’avons transplanté dans un pot plus large et nous nous sommes installés dans l’attente temporaire. Elle est devenue une cascade maintenant, pleuvant des roses pétales en concurrence avec cette pluie maudite, épisodique.
Ensemble, sur le balcon, nous nous sommes assis à la regarder, miracle momentané, fragile bonheur passager.
C’est à ce moment que j’ai vu l’oiseau : petit, plongé dans la cascade rose, remuant continuellement ses ailles.
Ne retourne pas brusquement ta tête, je lui ai chuchoté, il y a un colibri dans notre géranium.
Ensemble, nous avons embrassé d’un seul regard l’oiseau qui s’est éloigné un peu de la plante, histoire de se laisser admirer…
Il est parti vite, en nous laissant le bon goût d’une provisoire magie.
Suis-je douée à ce point pour le provisoire?
C’était quoi déjà la définition du mot?
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